"Je suis un balkanique,
je suis irrémédiablement perdu, je suis un balkanique
Je ne termine pas ce que j'ai commencé, je suis un balkanique
Je suis incapable de mener quelque chose ? bien
Et je sombre glorieusement comme le Titanic.
Je ne suis pas sérieux, mais ce n'est rien
Puisque je suis balkanique
Je suis un balkanique
Le sang me bout dans les veines, je suis un balkanique
Je me mets en col?re mais je me calme vite
(je n'ai pas de rancune et suis m?me pacifique)
Je suis menteur, politicien mais pas franchement travailleur
De tempérament volcanique, je suis donc balkanique
Oui, je suis balkanique, ce n'est pas rien
Et j'aime la danse du ventre
Comme travail, je n'ai trouvé rien de rien
Puisque je suis balkanique
Je suis un balkanique et  je suis donc jaloux
et je me fâche ? tous les coups
Et ne misez jamais sur mon calme britannique
J'aime le vin rouge et les femmes blondes
Mais ? la condition qu'elles soient rubicondes
Cela me plait de bien baiser, je suis donc balkanique
Je suis un balkanique
Je suis menteur, beau, jaloux et envieux
Je fais du scandale, je suis cinglé, fou, et dilettante."  Voil? donc ce que chante un groupe de musiciens "dans le vent" ? Bucarest! Le "balkanisme" serait-il ? la mode, en Roumanie? Les choses ne sont sans doute pas si simples. Significatif d'une certaine perception du terme aujourd'hui, il passe dans ces paroles, le souffle d'une malédiction  qu'exprimait déj? Cioran ce "Balkanique occidentalisé", lorsqu', en 1957, il brossait le tableau des "mérites des Balkans": "Ce go?t de la dévastation, de la pagaille intérieure, d'un univers pareil ? un bordel en flammes, cette perspective sardonique sur les cataclysmes échus ou imminents, cette âcreté, ce farniente d'insomniaque ou d'assassin" (1960, p. 49-50). Mais on y déc?le également la dimension affective d'une revendication de type "identitaire", qui tourne en dérision les stéréotypes dévalorisants produits par le regard de "l'autre" sur "soi". Nous avons affaire ? une "balkanitude" affirmée (le terme roumain de "balcanitate"?, cf. M. Muthu, 1999, p.37), en contrepoint de sa connotation péjorative. On y est "balkanique", un peu comme le mouvement de la "Négritude"  revendiquait la qualité d'?tre "n?gre" . Stéréotypes Le désordre et la déraison balkaniques qu'évoquent aussi bien les qualificatifs apocalyptiques de Cioran que le fatalisme "au quotidien" du groupe "Holograf", constituent le négatif d'un mod?le supposé d'ordre et de mesure. Que l'on me permette d'illustrer le "pôle positif" de la comparaison, en citant ces quelques lignes dues ? la plume d'un coll?gue ethnologue d'origine suisse, ce qui n'est peut-?tre pas indifférent ? notre propos:
"M.M. se meut dans l'anarchie balkanique et dans la balkanisation des relations comme un poisson dans l'eau. Elle le dit, n'a nulle raison de s'en cacher, et c'est certainement un bel atout, quand on fait de l'ethnologie l?-bas. De mon coté, j'ai été socialisé dans un univers qui, avec l'horlogerie et la mécanique de précision, le go?t du travail bien fait et honn?tement rémunéré, l'intégration patiente de différences maintenues, la démocratie de bas en haut et quelques autres bricoles, a pourvu les sociétés industrielles de certains de leurs fondements les moins incivils. Les habitus correspondants, qu'il s'agisse de la pensée ou de l'action, ne sont gu?re compatibles (?)."
De fait, c'est tout au long de l'histoire des contacts entre orient et occident de l'Europe que se sont multipliés de tels stéréotypes, qu'ils rel?vent d'une littérature de voyages, de notes diplomatiques, voire d'une littérature scientifique, ethnographique ou historique. C'est ainsi qu'un voyageur tel que Liutprand de Cremone, en visite ? Constantinople pour le compte de l'empereur d'Allemagne Othon II, compare en ces termes les défauts et qualités respectifs des Grecs et des Occidentaux. Cela se passe en 968! "Les Grecs sont inconstants, fourbes, menteurs, comme Ulysse, tandis que les Occidentaux sont honn?tes, sinc?res, hommes de parole!" (cité par A. Dutu, 1999, p. 66). Une étude de M. Golezewzki  nous fournit deux listes de qualificatifs "en t?te-b?che" qui rendent compte de la permanence de telles opinions sur l'"Orient" et le "balkanisme".  Y figurent  d'une part : "la saleté, la passivité, le caract?re irrésolu, la misogynie, la tendance aux intrigues, le manque de sincérité, l'opportunisme, la paresse, la superstition, la léthargie, la fainéantise, l'inefficacité, la bureaucratie incompétente", ainsi que  "la barbarie, la muflerie, l'instabilité et l'imprévisibilité". Cette énumération s'oppose ? la liste des qualités qu'évoque le concept d'Europe: "propreté, ordre, autocontrôle, force de caract?re, respect des lois, justice, administration efficace, en un mot, "un stade de développement supérieur du point de vue culturel qui ennoblit le comportement humain".
Pour A. Dutu, "les stéréotypes séparent une nation des autres ou m?me une région du reste de l'Europe: observons qu'ils op?rent cette séparation pour exalter les vanités et promouvoir des projets fortement désirés"  (1999, p. 84). Mani?re de constater, comme le fait M. Herzfeld que le stéréotype "n'est pas un simple préjugé  mais un instrument destiné ? masquer des intér?ts et des stratégies" (1992, pp. 67-77), invoqué par Dutu (1999, p. 67). Qualifier l'autre de "balkanique" avec la dépréciation que cela suppose, peut donc constituer une stratégie efficace pour "défendre son territoire" et tenir cet autre ? distance en dressant entre lui et nous des barri?res infranchissables.  Les Balkans et l'Europe Dans la sph?re intellectuelle et politique occidentale, ce n'est sans doute pas la moindre des contradictions que d'avoir applaudi ? l'effondrement du mur de Berlin et ? la promesse d'une "Grande Europe" qu'entraînait la disparition de ce symbole et d'avoir fait fleurir des discours idéologiques sur la coupure irrémédiable entre deux mondes postulés comme inconciliables. N'est-ce pas l?, en effet, le sens qu'il faut donner ? des ouvrages tels que celui de S. Huntington, américain il est vrai, ou, plus pr?s de nous, celui du Français H. Mendras, qui, sous couvert d'érudition, mais sans avoir pris la peine de regarder les faits du point de vue d'"en face", accumulent les stéréotypes pour conclure ? l'incompatibilité de deux mondes? 
A l'Est, sur la sc?ne politique, se sont rapidement affrontées deux opinions divergentes. Et cette fois, loin de se limiter ? la sph?re des spéculations littéraires, philosophiques ou politiciennes, comme ce fut le cas lorsque la "Question balkanique" occupa pour la premi?re fois le devant de la sc?ne, le débat se fait "sur la place publique".  Et pour cause. Puisque, apr?s le long enfermement qu'a constitué le régime Ceaucescu, chacun se sent concerné par l'avenir de la société; et que, derri?re l'alternative "?tre ou ne pas ?tre balkanique", le véritable enjeu, c'est l'Europe.
Dans le jugement occidental sur "l'autre Europe", les tenants de la premi?re position veulent voir, non sans raison, un frein ? l'entrée dans la grande famille de l'Union Européenne, et multiplient les arguments en faveur d'une distanciation avec cette étiquette perçue comme handicapante.  Les autres, au contraire, en reprenant ? leur compte les stéréotypes forgés au miroir de l'Occident, tentent d'en faire surgir les valeurs positives ? m?mes de fonder une nouvelle "identité", répondant ainsi au mépris et ? la dépréciation ethnocentrique d'une Europe toute puissante face ? des cultures qu'elle ne se donne généralement pas la peine de connaître. Il n'y a rien d'étonnant ? ce que cette tendance donne parfois naissance, dans ses rangs, ? des prises de positions intégristes qui peuvent rev?tir ici la forme d'un orthodoxisme et/ou d'un nationalisme réanimant par exemple des courants d'"autochtonie" comme peut l'?tre, pour la Roumanie, le "protochronisme" .
Bref, que l'on soit "pour" ou "contre" l'adoption du terme, ?tre ou ne pas ?tre balkanique ne constitue pas un choix simple. Dans les deux cas, il est clair qu'il n'y a pas de "balkanisme" ni de "balkaniques" sans le regard de l'autre, et que cet "autre", ? l'heure m?me o? l'on proclame la volonté de construire une "Grande Europe" a une fâcheuse tendance ? s'octroyer le titre exclusif d'"Européen" qu'il n'entend gu?re partager avec ses "parents pauvres" dont il n'a de cesse que de se démarquer. Un auteur comme Mendras n'en fait pas myst?re, puisqu'il écrit ? la premi?re page de son introduction: "Pour aller rapidement au centre de mon argument, je proposerai donc de séparer, d?s l'abord, l'Europe occidentale de "l'Autre Europe" en empruntant ce mot ? Czeslaw Milosz" (Mendras, 1997, p.9). Homo balcanicus Mais si l'"Homme balkanique" existe autrement que comme terme péjoratif, sorte de négatif de l'"Homme occidental", qui est-il donc? Et si l'on peut lui supposer une "culture spécifique", au sens que l'anthropologie donne ? ce mot, depuis E.B. Tylor , en quoi consiste cette expérience  culturelle commune? Autrement dit, comment saisir une telle "Balkanitude" ("Balcanitate")?
Victor Papacostea (1996, p. 73 et suiv.)  a sans doute été parmi les  premiers ? ouvrir la voie ? cette recherche en proposant l'expression et en esquissant la silhouette d'un Homo balcanicus. Cet Homme-l? est le produit d'une tr?s longue histoire dans laquelle l'auteur tente de distinguer les principaux facteurs qui sont intervenus dans cette synth?se originale. Passons-les rapidement en revue.
 1. le "substrat" thraco-illyrien et hell?ne, commun ? l'ensemble de la Péninsule balkanique; Papacostea cite ici J. Ancel qui explique la surprenante unité du folklore balkanique par cette référence ? un substrat commun ayant survécu aux autres courants de culture. (c'est le cas par exemple, des lamentations et de la "doina"). C'est l'époque de la mise en contact et des emprunts entre deux cultures voisines, la thrace et l' hell?ne.
2. Le "fédéralisme macédonien et la "civilisation hellénistique": l'édification de l'empire de Philippe et surtout d'Alexandre de Macédoine a constitué la premi?re unification balkanique; et m?me si le territoire de l'ancienne Dacie (actuelle Roumanie) n'y a pas été inclus par conqu?te, il n'en a pas moins participé aux échanges commerciaux et au mode de vie "hellénisé", selon une nouvelle conception de "citoyenneté" qui s'oppose ? l'ancien esprit particulariste propre ? la "Polis" grecque: ? la vieille formule selon laquelle "celui qui n'est pas grec est barbare", s'oppose maintenant celle d' Isocrate, "ce n'est pas celui qui naît grec qui est grec, mais celui qui vit, pense et se comporte comme un grec".
3. La "Romanisation": ce sont les Romains qui, dans la Péninsule, ont perpétué l'oeuvre macédonienne et ont poursuivi un travail d'unification, notamment par un réseau de routes reliant le villes entre elles. De m?me, l'armée romaine a été un creuset pour l'unification des peuples balkanique: ainsi a-t-on pu parler d'une "balkanisation" de l'armée romaine (? travers les figures "romanisées" des empereurs d'origine thraco-illyrienne comme Aurélien, Dioclétien, Constantin? ).
4. Byzance: selon Papacostea, "c'est Byzance qui a donné au monde balkanique un caract?re commun indélébile", conséquence de mille ans de grande civilisation. L'un des facteurs d'unification qui a joué durant cette longue période, réside dans la politique de "déplacements de populations" qui a favorisé la "balkanisation" des nouveaux venus tout en provoquant la mise en contact des anciennes et nouvelles cultures au sein de l'empire .
5. Le facteur slave : la vague de population slave qui s'est étendue du nord jusqu'? l'extr?me sud de la Péninsule (en Péloponn?se) a également constitué un facteur d'unification, m?me si ces populations se sont elles-m?mes profondément "balkanisées". Par ailleurs, les tentatives hégémoniques des empires bulgares et serbes qui visaient ? se substituer ? Byzance, ont eu une influence décisive sur l'ensemble de la Péninsule. (Papacostea insiste ici sur le caract?re supranational de ces projets, et met en garde contre l'anachronisme qui consisterait ? y voir une entreprise nationaliste au sens moderne du terme. )
6. L'Islam : cinq si?cles de domination ottomane ont ouvert la voie ? l'influence orientale et ont favorisé également une "balkanisation" de l'élément turc. L'empire ottoman a constitué ? plus d'un égard la continuation de l'empire byzantin (notamment par des emprunts ? son syst?me : l'organisation administrative et militaire, les "th?mes"); et d'un point de vue économique, on peut affirmer qu'il a véritablement rencontré des intér?ts balkaniques, ce qui explique la collaboration des populations balkaniques avec le pouvoir ottoman. Papacostea insiste ici sur l'importance "d'abandonner la vieille mentalité de " croisade " pour regarder la position des peuples chrétiens vis-?-vis du pouvoir turc, non pas ? travers le prisme de la féodalité mais ? travers celui de la bourgeoisie."
7. Le facteur roumain: la romanisation a concerné toute la Péninsule, m?me si une synth?se "roumaine" n'a survécu qu'au nord du Danube. Mais cette population romanisée des Balkans n'en a pas moins constitué un facteur important d'unité de la Péninsule, notamment ? travers une "diaspora pastorale". Des études ont mis en valeur le rôle qu'ont pu jouer les populations "aroumaines" ou "vlaques", qui n'ont cessé de circuler ? travers les Balkans "sans fronti?res" .  
De l'histoire ? l'anthropologie: la notion d'aire culturelle On vient de le voir, l'Homo balcanicus est le produit d'une longue histoire semblable ? un "feuilletage" dont on peut faire la coupe comme on proc?derait sur un chantier archéologique (cf. F. Braudel, 1993).
Mais pour un anthropologue, une culture ne peut ?tre comparée ? un "feuilletage". C'est d'ailleurs Braudel lui-m?me qui incite ? ne pas prendre au pied de la lettre la métaphore de l'entassement de cultures successives. Il introduit une notion qui va permettre de distinguer les mécanismes variables du "temps de l'histoire": celle la "longue durée", une histoire que l'on ne peut traverser qu'avec "des bottes de sept lieues" (1993, p. 67). Cette notion peut nous aider ? saisir des permanences qui fondent une certaine unité entre populations par ailleurs hétérog?nes ? plus d'un point de vue. 
Lorsque Papacostea effectue le parcours dans le temps qui lui permet de passer en revue les composantes dont a été constitué l'Homo balcanicus, en fait, il raisonne en termes d'apports culturels, ce qui lui permet d'enjamber les fronti?res d'un espace tardivement et arbitrairement fragmenté. Car les expériences successives et partagées par cet Homme-l? au long de son histoire, sont des expériences culturelles ? part enti?re qui ont permis que s'élaborent une conception du monde et des "mani?res de vivre" communes.
Mais comment définir une unité culturelle et ses limites? Jusqu'o? est-on les m?mes, ? partir d'o? est-on "différents"? Et par quel fil dém?ler l'écheveau des "spécificités culturelles"? Nous pouvons par exemple tenter tr?s modestement une premi?re approche de ce probl?me complexe, en interrogeant le domaine des traditions culinaires. Dis-moi ce que tu manges... Sans vouloir réduire notre Homo balcanicus ? ses "mani?res de tables", personne ne peut aujourd'hui nier que ces derni?res constituent un  aspect fondamental de toute culture.  Que l'on pense ? la liste des "ethnonymes" que s'appliquent entre elles des populations voisines qui pensent leur "différence ethnique" en termes alimentaires: pour les Bulgares, les Roumains sont des "Mamaligari" , pour les Français, les Italiens sont des "Spaghetti"; pour les Flamands non Bruxellois, ces derniers étaient appelés "Keekefretters" ("bouffeurs de poulets"), et ainsi de suite.
Mais au-del? des particularismes ethniques, la comparaison des pratiques alimentaires des pays du Sud-Est de l'Europe indique une cuisine et des "mani?res de tables" dont l'unité l'emporte sans conteste sur les variations, que l'on se déplace de Sarajevo ? Istanbul ou d'Ath?nes ? Bucarest. Derri?re l'unité de cette "cuisine balkanique", de la "soupe aigre" au "café ? la turque" en passant par la "courgette farcie", se trouve généralement une tradition culinaire commune qui fut celle de l'Empire ottoman, elle-m?me marquée de traditions byzantines inscrites sur un vieux fond rural "autochtone". Cette unité se refl?te également dans les noms qui désignent une telle cuisine (par exemple, ciorba, ghiveci, baklava, sarailie, autant de mots d'origine turco-arabe). Par ailleurs, au centre des traditions culinaires généralement partagées dans les Balkans, se trouve la date pivot du calendrier orthodoxe avec son repas de Pâques o? ne peuvent manquer l'agneau et le pain rituel au fromage.  Mais, ? côté de ce repas de commémoration "néo-testamentaire", on trouve aussi cette autre tradition religieuse et culinaire du "Kurban", un sacrifice sanglant qui fait référence ? la tradition vétéro-testamentaire du "Sacrifice d'Abrham" partagée par le Christianisme et l'Islam . Le maintien de ce rituel dans les traditions chrétiennes peut avoir été favorisé par l'effet d'une cohabitation séculaire entre les deux communautés.
L''épreuve de la "courgette farcie" Un commentaire facétieux ? la recette des "courgettes farcies" (dovlecei umpluti) a donné ? R. A. Roman (1998, p. 270) l'occasion de situer ce plat "typiquement national", voire "régional" ? sa juste place, au sein de la cuisine européenne. Je cite: "On trouve des courgettes tout le long des routes et autoroutes d'Europe, mais, tout comme pour les poivrons et les tomates, celles-ci une fois farcies selon les principes géto-daco-latins (également influencés par les principes gépides, huns, goths, avares, hongrois, pétchén?gues, kumans, sicules, tatares, turcs, grecs, slaves, français, lusitanien, arabe, saxon, souabe), elles deviennent roumaines, et dans le cas présent, affectées d'une nuance "Mehedinti" (région de la Roumanie méridionale).
Tout ceci n'emp?che pas que ladite courgette se fasse plus spécifiquement grecque et "méditerranéenne" lorsqu'elle est accommodée ? l'huile d'olive; ou "bulgaro-balkanique" si on l'accompagne de yaourt; ou encore roumaine et "carpatho-danubienne" si elle est agrémentée de cr?me fraîche.
On pourrait multiplier les exemples de ces traits culinaires communs ? une "aire balkanique", au-del? de leur spécificité régionale: chaque préparation est susceptible d'une étude particuli?re qui révélera un pan de l'histoire des influences culturelles au sein d'un espace "balkanique".  L'unité culinaire des Balkans, n'est qu'un exemple parmi d'autres qui permet d'indiquer que l'Homo balcanicus fait bien surgir les contours d'une "aire culturelle" : dans les domaines les plus variés des expressions de la culture (qu'il s'agisse de comportements religieux, politiques, économiques etc), on peut en effet y repérer l'existence d'une certaine "intercompréhension culturelle" , dont  l'Occident ne poss?de pas le code.
Il faut encore souligner ce fait qui pourrait sembler contradictoire: c'est que l'une des caractéristiques de "l'aire balkanique" est sa diversité. A l'image de la "courgette farcie", la Culture des Balkans est multiple; et c'est précisément de cette diversité qu'il faut aussi pouvoir rendre compte pour en esquisser un portrait "ressemblant". C'est ? Predrag Matvejevitch (1998) que j'emprunte la citation de Léonard De Vinci sur laquelle il s'interroge: "Da Oriente a Occidente in ogni punto ? divisione". 
V. Papacostea insiste lui-m?me sur cette caractéristique propre ? la "culture balkanique" d'?tre avant tout, plurielle:
(?) l'homme de la Péninsule balkanique - de quelque partie que ce soit - participe au fond par toute sa structure ethnique, mentale et spirituelle ? plusieurs nationalités. Sans nier, évidemment la différence spécifique qui lie chaque membre ? la nation au sein de laquelle il est né et dont il parle la langue, nous constatons cependant que au-del? (de cette appartenance), il est aussi membre - par des liens organiques, qui viennent d'une ancestralité complexe et prolongée - de la grande communauté balkanique"(1996, p. 71).
L'Homo balcanicus existe donc bien, m?me si le "nouvel ordre mondial" n'est gu?re enclin ? lui ménager une place dans le projet d'avenir du monde et de l'Europe. Tant il est vrai que "Entrer dans l'Europe" signifie désormais entrer dans le moule de la culture occidentale, au prix d'un laminage de ses propres valeurs.
Il ne peut donc ?tre question de nier l'existence d'écarts entre les deux Europes. Il s'agit seulement de débarrasser le travail de repérage des différences, de tout préjugé ou simplifications abusives ("stéréotypes"), ainsi que de l'usage idéologique qui peut en ?tre fait. Aborder l'étude des conceptions du monde et des "mani?res de vivre" ne peut se faire en termes de hiérarchie et de jugements de valeurs. De l' Homo balcanicus  ? l'Européen de seconde classe
ou Comment on écrit l'histoire Et pourtant, le probl?me est bien l?: il y a aujourd'hui, dans le discours dominant de l'Occident, une attitude de dépréciation et une volonté de se démarquer de l'Autre en n'accordant aucune place aux valeurs qui ne sont pas les siennes. A la suite de l'effondrement du "Mur" qui séparait "les deux Europes" (autant que les deux Allemagnes) et sur toile de fond des nouvelles guerres de l'"ex-Yougoslavie", l'Occident a pu réactiver le vieux stéréotype de "poudri?re des Balkans"  sans se poser la question de sa responsabilité dans la mise en place de cette "zone de turbulence des confins de l'Europe" (voir M. Mesnil, 1999-2000, pp. 15-18) .
Ainsi l'habitant de cette aire culturelle, cet héritier de plus de deux millénaires d'histoire, en est arrivé ? ?tre assimilé ? un "barbare" inculte et semeur de troubles, auquel "l'Occidental moyen" (en ce compris ses dirigeants) dénie aujourd'hui la qualité d'"Européen" ? part enti?re.
Par quel processus l'Homo balcanicus est-t-il devenu le "balkanique" de la chanson "pop-rock"? Nous l'avons vu ? propos des stéréotypes: l'origine de cette image négative de l'"autre Europe" est tr?s ancienne. Elle s'est forgée ? travers un lent processus de disqualification dont on commence ? peine ? opérer la déconstruction. Elle est le résultat d'un travail de propagande (au sens large) dont l'un des supports les plus efficaces réside sans doute dans "la mani?re dont on écrit l'histoire". De nos jours, ces propos, qu'ils soient "scolaires" ou journalistiques, se situent dans le prolongement direct de discours "savants" dans lesquels il est aisé de déceler un parti pris ethnocentrique, tant ? l'Est qu'? l'Ouest . Un exemple nous en a été fourni récemment ? propos de la présentation de projets de "musées pour l'Europe". Des musées pour l'Europe L' "incident de Bruxelles"
Apr?s l'onde de "choc" partie des États Unis avec Huntington, c'est le tour du vieux continent de produire des discours qui visent ? réactualiser "la faille" entre les "deux Europes". Variation sur le th?me "huntingtonien" de l'incompatibilité entre cultures religieuses distinctes, cette mani?re d'écrire l'histoire de notre continent  est  apparue au grand jour ? propos d'un vaste projet de création de musées européens, présenté ? l'approche de l'An 2000. C'est ainsi que le quotidien Le Monde (29 novembre 1999, p. 26) publiait un article concernant trois projets de "musées européens": l'un ? Berlin, l'autre ? Paris (l'ancien musée des "Arts et Traditions Populaires", destiné ? s'élargir ? l'Europe) et le troisi?me ? Bruxelles: ce dernier, ? vocation plus historique qu'anthropologique, fit l'objet d'un texte qui, aussitôt connu dans les milieux de l'Union Européenne, frôla l'incident diplomatique avec la Gr?ce: on y déclarait en effet ne pas avoir ? prendre en considération l'héritage de la Gr?ce antique, puisque, était-il allégué, "? cette époque, l'Europe n'existait pas": notre Gaule chevelue ne deviendra véritablement l'Europe (occidentale) dont nous sommes les héritiers, qu'avec... Charlemagne. Ethnocentrisme, ignorance, voire déni? Un colloque ? Turin
Fort heureusement, cette position ne fait pas l'unanimité chez les historiens eux-m?mes. C'est ainsi qu'? la suite d'un colloque bruxellois qui devait annoncer le projet de "musée de l'Europe" de Bruxelles, l'Italie organisa elle aussi une réunion scientifique autour de ces musées européens . ? cette occasion (mais sans pour autant qu'il soit fait allusion ? l"incident" de Bruxelles), le quotidien La Republicca (5 avril 2001, p. 47) publiait en pleine page, un extrait de la communication de J. Le Goff, titrant "Non siamo le figli di Carlomagno". N'étant moi-m?me pas historienne, j'avoue avoir trouvé quelque réconfort ? voir un grand médiéviste rétablir un point de vue qui me semblait relever du simple bon sens.
Signe des temps que cet incident de "Bruxelles" ? propos d'une volonté de "purification culturelle" du passé? Qu'ont donc ces Occidentaux ? ?tre frappés d'amnésie ou vouloir ainsi falsifier l'histoire de l'Europe? Comment en effet, prétendre qu'avant la symbolique date de 800 (le couronnement de Charlemagne par le Pape ? Rome), l'Europe n'existait pas? De deux choses l'une: o? bien cela signifie que l'on décide (mais au nom de quoi?) que l'Europe n'est plus l'Europe. Autrement dit, que le "nom" ne correspond plus ? "la chose".  (Et l'on comprend que la Gr?ce se fâche!). Ou bien, l'on décide que "l'Europe" n'est hériti?re que d'une culture "latino-germanique", celle dont la synth?se s'est effectuée sous le r?gne de Charlemagne.  Mais, s'agissant d'historiens, cette attitude ne peut gu?re relever que du déni : que faire en effet, de tout l'apport qui a précédé la Civilisation carolingienne? Et que faire, quelques si?cles plus tard, de toute la Renaissance qui réactivera en une nouvelle synth?se occidentale, des si?cles de culture élaborée au c?ur de cet Orient de l'Europe, bien avant que n'apparaisse le "christianisme franc"? Le christianisme "méditerranéen", celui des "sept premiers conciles", ne ferait-il donc pas partie de l'héritage de l'Occident? Constantinople/ Byzance ne serait-elle qu'un point sur la carte, hors d'Europe? Et Istanbul n'est-elle que le symbole de cette "régression dans la barbarie" ? laquelle l'Occident prétend trop souvent la réduire? Un tel raisonnement suppose deux choses: d'une part, que l'on oublie tout l'héritage que l'Occident doit ? cet Orient de l'Europe; et d'autre part, que l'on refuse de reconnaître qu'il a pu s'y forger une autre civilisation, une autre synth?se culturelle, qui n'est pas synonyme de barbarie, mais qui a ses propres valeurs et ses propres mod?les de société; que cette "autre Europe" dont s'éloigne l'Occident avec la domination franque, ne peut se réduire ? une suite d'asservissements, d'abord sous le joug ottoman, bientôt relayé par celui du communisme. Bref, il s'agit ici de reconnaître l'existence d'un Homo balcanicus . "L'Europe commence ? Charlemagne" Revenons encore ? Charlemagne, puisque c'est autour de lui que semble vouloir se bâtir le mythe de la "Nouvelle Europe". Tentons alors un petit exercice d'anthropologie sur la personne de cette grande figure de l'Histoire occidentale, en décentrant notre regard pour le considérer, non plus "du point de vue d'Aix-La-Chapelle", et pas m?me "du point de vue de Byzance", mais depuis Rome. Pour ce faire, je propose de partir d'un incident qui aurait pu passer inaperçu s'il n'avait laissé derri?re lui quelques traces écrites et m?me gravées dans l'airain. Voici donc le résumé des faits qui se produisirent ? Jérusalem au début du IXe si?cle. J'en ai trouvé la relation dans un ouvrage de theologie dogmatique édité par la Patriarchie roumaine (Todoran, I. et I. Zagrean, 1991).
Des moines Gallicans arrivés en p?lerinage ? Jérusalem, entr?rent dans une église o? ils se mirent ? chanter le Credo tel qu'ils l'avaient appris, c'est-?-dire avec l'adjonction du "filioque". ? la suite de ce fait, se produisit dans l'église un grand remous au point que les fauteurs de troubles furent bientôt priés de quitter Jérusalem. Revenus chez eux, ils se plaignirent ? leurs év?ques de ce qui leur était arrivé. Ceux-ci, ? leur tour, port?rent les faits ? la connaissance du Pape. Ce dernier, en accord avec Charlemagne, convoqua un synode ? Aix-La-Chapelle (Aquisgram) en 809. Le synode se pencha sur la question et estima que l'adjonction du "Filioque" était justifiée, opinion qu'il soumit ? l'approbation du Pape ? Rome. Mais le pape Léon III rejeta l'adjonction et commanda que l'on grave sur deux plaques d'airain le texte du Symbole du Credo en grec et en latin, sans l'adjonction du Filioque. Les plaques furent fixées sur un mur de l'église Saint-Pierre de Rome, avec une inscription figurant au-dessous: "Haec Léo posui amore et cautela ortodoxae Fidei": J'ai mis cette (plaque), moi Léon, par amour et souci pour la foi orthodoxe (Todoran, I. et I. Zagrean,1991, p.141).
Ici pourrait commencer une enqu?te de Sherlock Holmes ou un roman de Umberto Eco: o? sont donc passées les plaques d'airain de l'Eglise Saint-Pierre de Rome? Sont-elles encore visibles ? l'endroit o? elle furent fixées? O? bien sont-elles cachées dans les caves du Vatican? Elles constituent en tout cas une preuve, encombrante sans doute, qu'? la date o? elles furent gravées, la volonté du Pape était encore de s'opposer au fractionnement du monde chrétien, n'en déplaise au grand empereur qui s'acharna ? saper l'autorité de Byzance durant tout son r?gne.
Pourtant, il faudra encore deux si?cles aux souverains germaniques de plus en plus puissants, pour imposer ? Rome un "christianisme franc", entraînant bientôt la fracture politique et culturelle que fut le Grand Schisme de 1054. L'Europe du "christianisme franc" ? bien considérer les relations de Charlemagne avec Rome et Byzance, on en vient ? penser que, ? travers l'insistance de certains historiens d'aujourd'hui pr?ts ? mettre ? l'honneur la figure de Charlemagne comme fondatrice de "l'Europe" (l'Occidentale s'entend), c'est précisément le personnage instigateur de la séparation entre Chrétiens qui se trouve célébré. Comme le signale A. Dutu (1999, p. 78), certains historiens occidentaux n'hésitent pas ? considérer que "l'Europe" n'a pu se constituer que grâce ? la séparation d'avec Byzance.
De fait, l'imposition au Pape de la formule du Filioque n'est finalement qu'un symptôme de la nouvelle répartition des zones d'influences des grandes puissances ? partir du IXe si?cle: souverains germaniques, héritiers de Charlemagne, contre Byzance, hériti?re des traditions méditerranéennes de l'antiquité grecque et romaine, et du christianisme né et développé en son sein. Le clivage amorcé par Charlemagne et consommé lors du "Grand Schisme", est d'abord celui d'un christianisme franc contre un christianisme "méditerranéen", et non celui d'un christianisme romain contre Byzance; la politique menée par Rome jusqu'au Schisme l'indique clairement. Du r?ve ? la réalité géopolitique:
le processus d'éclatement d'une unité régionale Pourquoi donc cette "re-mobilisation" du "Grand Schisme" aujourd'hui, qui tend ? dresser des barri?res infranchissables entre les "deux Europes" et équivaut ? réactualiser sans autre perspective critique, un conflit qui a organisé le monde il y a un millénaire? Nous l'avons déj? constaté, d?s son apparition au XIXe si?cle, le terme "balkanique" prend une valeur idéologique. C'est l'époque o? fleurissent de grands projets politiques; o? les anciennes puissances hégémoniques (La Gr?ce et sa " Grande Idée"; la Bulgarie, la Serbie?) nourrissent des espoirs de reconqu?tes régionales ? la faveur du démembrement des territoires des anciens empires.
Mais tandis que se développaient ces idées politiques, variantes hégémoniques des nationalismes occidentaux construits sur le mod?le des "États-nations", d'autres idéologues réfléchissaient ? un mod?le alternatif qui ne ferait pas table rase du vieil héritage "balkanique". Il s'agissait de faire reconnaître aux nouveaux Maîtres du monde une "Région intermédiaire" dont le mod?le politique et administratif "déterritorialisé", pourrait s'inspirer du "mod?le ottoman"  puisque, comme l'indique Esther Benbassa, les grands empires disparus ont peut-?tre "contribué malgré eux ? la viabilité interethnique et interconfessionnelle" ( ? ? ?, p.97); ils ont permis qu'existe dans des "Balkans sans fronti?res fixes", cette "multitude d'identités" qui caractérise le peuplement de cette région, leur permettant "de ne pas subir le poids d'une identité artificielle"*( ? ? ?, p.101). Ce projet de type fédératif, que d'aucuns ont r?vé jadis en lui donnant le nom de "Suisse de l'Orient" (Papacostea, 1996, p. 78), avait l'avantage, par rapport au mod?le d'État-nation de l'Occident, de tenir compte de cette donnée historique et culturelle des Balkans: son caract?re métisse" . Mais les Grandes Puissances réunies lors des Grands Congr?s  n'ont pas donné de chance ? une telle alternative qui aurait tenu compte de la réalité historique et culturelle de cette partie de l'Europe. Pour l'Occident, l'Homo balcanicus n'existait pas. Et cette "région intermédiaire" éclatée, était ? partager entre les grandes puissances désormais garantes de la paix du monde! On reproduira, sans autre forme de proc?s, la logique d'intér?t déj? mise en ?uvre au moment du découpage des empires coloniaux, en ignorant les anciennes unités historiques et culturelles désormais fracturées par ces nouvelles fronti?res . Fronti?res et aires culturelles  La nouvelle "cartographie identitaire" de l'Europe, fille des nationalismes du XIXe si?cle, ne tol?re gu?re une représentation spatiale construite sur de tout autres bases, tenant compte du métissage entre les peuples et les cultures, comme l'histoire de l'Homo balcanicus nous en fournit un bel exemple.
Pourtant, si l'on veut bien renoncer ? tracer des fronti?res étanches entre "unités nationales" soit disant homog?nes, et se référer plutôt ? un jeu de superpositions de "calques" correspondant ? la notion d'"aire culturelle", o? chaque configuration spécifique vient en chevaucher d'autres, il devient possible de rendre compte de la réalité de terrain ? laquelle correspondent les Balkans. De cette mani?re, on peut tenter de répondre ? une double nécessité: déconstruire la carte des États-nations et repenser le concept d'aire culturelle qui peut permettre d'élaborer une nouvelle "cartographie métisse". Le concept d'aire culturelle "revisité", admet, voire exige, les superpositions identitaires, les espaces de médiation, et le grand brassage des gens et des choses, sans lequel aucune culture, aucune civilisation ne peut advenir ni subsister. La leçon des "grands anc?tres" Et c'est peut-?tre le moment de se souvenir que le grand mythe des commencements de la pensée occidentale qu'il est convenu d'appeler miracle grec est lui-m?me le produit d'un énorme brassage de populations, d'idées, de cultures, rendu possible par cette "attraction" exercée par la Méditerranée sur tous les peuples de ses pourtours, depuis la plus haute antiquité, et jusqu'? ce que les regards se tournent vers le Nouveau monde. Il ne faudrait pas bafouer cet héritage de l'Europe, en oubliant la grande leçon de tolérance qu'elle nous a transmis. Dans un petit livre plein de sagesse paru il y une quinzaine d'années et cependant plus actuel que jamais, J.P. Vernant (1985) nous rappelle les mots de Platon et met en garde contre le risque de refus de l'autre, contre l'exc?s d'autochthonie: "le M?me ne se conçoit et ne peut se définir que par rapport ? l'Autre, ? la multiplicité des autres. Si le M?me reste refermé sur lui-m?me, il n'y a pas de pensée possible. Il faut ajouter: pas de civilisation non plus" (op. cit., p. 28).
 ? travers cet essai sur l'altérité en Gr?ce, comme "expérience que les Grecs ont pu faire de l'Autre", Vernant nous montre comment les Grecs nous invitent "? donner toute sa place, dans l'idée de civilisation, ? une attitude d'esprit qui n'a pas seulement valeur morale et politique, mais proprement intellectuelle et qui s'appelle la tolérance" (op. cit., p. 26).
Alors, ?tre ou ne pas ?tre balkanique? Insulte ou compliment? "Balkanique toi-m?me!" ou "Balkanique moi-m?me!, et fier de l'?tre"? A chacun de se définir?.   Références bibliographiques Amalvi, Ch., 1988, De l'art et la mani?re d'accommoder les héros de l'histoire de France. De Vergingétorix ? la Révolution, Paris, Albin Michel. Benbassa, E., ? ? ? ?, " Sortir du cadre des États-nations ", in L'éclatement yougoslave. Une tragédie européenne, La Tour d'Aigues, Éd. de l'Aube/ Libération. Boia, L., 1997, Istorie si mit în constiinta româneasca, Bucuresti, Humanitas. Bonte, P. et M. Izard, 1991, Dictionnaire d'ethnologie et anthropologie, Paris, PUF. Braudel, F., 1993, Grammaire des civilisations, Paris, Champs/Flammarion. Browning, Alison, 1984, L'Europe et les intellectuels (enqu?te menée par Alison Browning), Paris, Gallimard. Cioran, E.M., 1960, Histoire et utopie, Paris, Idée/Gallimard. Dubois, J. et Cie, 1973, Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse. Durandin, C., 1995, Histoire des Roumains, Paris, Fayard. Dutu, Al., 1999, Europa si evolutia constiintei europene, Bucuresti, Éd. ALL Educational. Goody, J., 1984, Cuisine, cuisines et classes, Paris, Centre G. Pompidou & Centre de Création Industrielle, coll. Alors. Hertzveld, M., 1992, " La pratique des stéréotypes ", in  L'Homme 121, pp. 67-77. Kitsikis, D., 1994, L'empire ottoman, Paris, PUF. Lévi-Strauss, Cl., 1965, " Le triangle culinaire", in L'Arc n°26, Paris, pp.19-29. Matvejevitch, P., 1998, La Méditerranée et l'Europe. Leçons au Coll?ge de France, Paris, Stock. Mendras, H., 1997, L'Europe des Européens, Sociologie de l'Europe occidentale, Paris, Folio. Mesnil, M, 1999, "Bagages pour tous voyages. Propos ethnologiques autour de l'objet", Martor, IV, 1999, pp.147-160.   1999-2000, "Kosovo: les bombes ? retardement d'un mod?le occidental", in L'ARA (Association Rhône-Alpes d'Anthropologie), Hiver 1999-2000, n° spécial: "Regards sur les Europes: une anthropologie impliquée dans les Balkans", pp. 15-18. 2000, "Le temps de boire un café", Revue des sciences sociales ("Révolutions dans les cuisines"), Strasbourg, 2000, pp. 18-26.
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