La Jérusalem Sicule. Essai-roman sur l’identité
Dans sa lettre du 25 avril 1613, Gábor Bethlen, le plus grand des princes de Transylvanie; rapporte certains propos ou nous entrevoyons les futurs génocides. Selon Skender Pasha, écrit Bethlen, Nigroni, l’ambassadeur de l’empereur, lui aurait déclaré: „tant que les Hongrois, aussi peu nombreux qu’ils soient, vivront entre deux Empires, la paix ne sera jamais parfaite.” Simon Péchi, le chancelier de Gábor Bethlen, e?t également ? se préoccuper des propositions réitérées de l’Empereur germanique en vue de l’extermination des Hongrois. Dans deux allocutions prononcées le 26 aout 1640 a Besztercebánya, a l’occasion du sacre de Bethlen comme roi de Hongrie, Péchi retraça – et jugea – l’histoire de ce pays. (Soit dit entre parantheses que Simon Péchi, la personnalité la plus remarquable parmi les „Juifs spirituels” et le représentant le plus éminent de leur littérature en langue hongroise, s’interrogeait également, en sa qualité d’homme d’Etat, sur la meilleure façon de survivre dans les conditions historiques de l’époque. Autrement dit: Péchi était l’un des plus remarquables hommes politiques hongrois. Si, malgré l’excellence de son oeuvre, sa reconnaissance tarde a venir, c’
est sans doute a cause du préjugé selon lequel il aurait „trahi” les Hongrois: ne s’est-il pas converti au judaisme? Opposons une seule question a ce préjugé: si Péchi n’avait pas eu l’intention de se considérer comme Hongrois et n’avait pas vu en sa communauté religieuse une entiré hongroise, pourquoi aurait-il déployé tant d’efforts et tant d’érudition pour traduire en hongrois une partie importante de la littérature religieuse?) [pag 210-211]