Au début de l'été 1944, vers la fin du conflit armé entre la Roumanie et l'Union Soviétique, Lucretiu Patrascanu, l'un des membres fondateurs (1921) du Parti communiste roumain, participe - en représentant le Parti communiste roumain dans le bloc de l'opposition - ? la préparation de l'armistice avec l'Union Soviétique. En septembre1944, il est ? Moscou, pour suivre les travaux concernant l'armistice et défend les intér?ts du pays ; cela déplaît au Kremlin.

En Roumanie, bien que membre du Comité Central du Parti communiste roumain et ministre de la justice, il sera regardé avec méfiance par la haute hiérarchie du Parti. Patrascanu g?nait : il avait des diplômes, un niveau culturel supérieur, des états de service importants dans le parti et un certain non-conformisme. Autour de lui sera tissée, pour le perdre, la trame d'un complot fictif. 

Critiqué le19 février 1948, en séance pleini?re du Comité central du Parti roumain des travailleurs (P.M.R.)[4], Patrascanu est arr?té le 28 avril 1948. Jugé apr?s six ans de détention, entre le 6 et le14 avril 1954, dans la hâte (le procureur général de la République demande des mandats d'arr?t anti-datés), il réfute toutes les accusations (espionnage, conspiration contre l'état, crime contre la paix, crime de haute trahison). Le 14 avril est donnée la sentence : condamné ? mort (il y a eu deux condamnations ? mort - Lucretiu Patrascanu et Remus Koffler, ancien membre du parti dans la clandestinité). Il est fusillé, la nuit du 16/17 avril, dans sa cellule.

Comme dans les autres "grands proc?s" des pays communistes, lors de la mise en sc?ne de celui de Patrascanu, fut inventée l'existence d'un complot, pour le scénario duquel il fallut imaginer un 'groupe Patrascanu'. Des gens qui avaient eu un contact quelconque avec Patrascanu étaient poursuivis, arr?tés, soumis ? des enqu?tes qui exigeaient d'eux, sous torture, les réponses nécessaires ? la fiction du "complot", condamnés ? de longues peines de prison, tués ou laissés périr. Parmi ces derniers, il y a eu le sociologue Anton Golopentia.

Apr?s des études de droit et philosophie ? Bucarest, Anton Golopentia[5] fait, ? la faveur d'une bourse Rockefeller, un doctorat en philosophie (sociologie) ? l'Université de Leipzig (1936). Intéressé particuli?rement par la sociologie rurale, la statistique, la démographie, la géopolitique, il publie des études de sociologie dans des revues de spécialité, il édite la revue roumaine de sociologie (Sociologie româneasc?), et il enseigne la sociologie ? l'Université de Bucarest (1937-1940). A partir de 1940,  il travaille ? l'Office d'études de l'Institut central de Statistique et ? partir de 1947, il est directeur général délégué de l'Institut Central de Statistique. Il est chargé pendant et apr?s la guerre de différents du recensements de la population roumaine.